Huiles d’olive

Huiles d’olive : celles qu’il faut absolument éviter selon l’enquête choc de 60 Millions

Elle trône fièrement dans nos placards, star des vinaigrettes et alliée santé incontestée du régime méditerranéen… L’huile d’olive a longtemps bénéficié d’une aura quasi sacrée. Pourtant, une enquête récente jette une ombre sur cette réputation dorée : certaines références vendues en grande surface seraient loin d’être aussi saines qu’on l’imagine. Derrière les étiquettes alléchantes se cachent parfois résidus chimiques, contaminants industriels et qualités gustatives très discutables.

Pétrole dans l’huile : un cocktail inattendu

Premier coup de massue : la moitié des huiles analysées contiennent des traces d’hydrocarbures, dérivés du pétrole. Deux familles de substances sont particulièrement pointées du doigt :

  • MOSH (Hydrocarbures saturés d’huile minérale) : accusés de s’accumuler dans l’organisme, notamment dans le foie, sans être éliminés.
  • MOAH (Hydrocarbures aromatiques d’huile minérale) : considérés comme potentiellement cancérogènes.

La marque Eco+ se distingue tristement avec un taux de MOAH cinq fois supérieur à la limite recommandée par l’Union européenne. D’autres, comme Carapelli ou Monini, sont également concernées, bien qu’à des niveaux moindres.

Plastifiants à tous les étages… même en bio

Autre mauvaise surprise : toutes les huiles testées, qu’elles soient conventionnelles ou biologiques, contiennent des phtalates, des plastifiants classés comme perturbateurs endocriniens. Ils proviendraient des installations industrielles : cuves, tuyauteries ou encore emballages. On croyait acheter une huile extra vierge… on se retrouve avec un petit supplément chimique non souhaité.

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Parmi les plus touchées : Terra Delyssa, pourtant positionnée sur un créneau qualitatif, affiche un niveau de plastifiants préoccupant. À l’inverse, Puget tire son épingle du jeu avec un seul résidu détecté à une concentration très faible.

Quand le goût ne suit pas l’étiquette

Si les analyses chimiques font frémir, les résultats gustatifs ne sont guère plus rassurants. Sur un panel sensoriel évaluant la qualité selon les standards du label “vierge extra”, sept huiles n’étaient pas à la hauteur. Goût moisi, rance, ou encore vinaigré… des défauts rédhibitoires pour une huile censée être d’une qualité supérieure.

Là encore, certaines marques pourtant vendues sous label bio, comme Carrefour Bio ou Auchan Bio, déçoivent. Le profil sensoriel ne correspond pas aux attentes, signe d’une transformation ou d’un stockage peu rigoureux.

Les huiles à éviter : le tableau noir

Certaines marques ressortent particulièrement mal de l’enquête :

  • Eco+ : contamination multiple (MOAH, plastifiants, défauts gustatifs).
  • Carapelli : présence de MOSH et de plastifiants à fort taux.
  • Monini : MOSH également détectés.
  • Terra Delyssa : trop de plastifiants malgré l’absence de MOAH.
  • Carrefour Bio / Auchan Bio / Leader Price : défauts sensoriels et présence de résidus chimiques.

Sans être impropres à la consommation, ces huiles posent un problème de qualité globale et potentiellement de sécurité sanitaire en cas d’exposition répétée.

Des alternatives plus rassurantes

Tout n’est pas à jeter, heureusement. Quelques références sortent du lot avec de bons résultats, tant sur le plan chimique que gustatif. Parmi elles : Leos, Costa d’Oro, et Puget, qui limitent les résidus indésirables tout en préservant une qualité organoleptique digne de l’appellation “vierge extra”.

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Conseils pour choisir sans se faire berner

En attendant un durcissement des contrôles ou une refonte des normes, les consommateurs peuvent adopter quelques réflexes simples :

  • Éviter les huiles bon marché ou bas de gamme.
  • Privilégier les producteurs locaux, les AOP ou les circuits courts.
  • Lire attentivement les comparatifs réalisés par des organismes indépendants comme 60 Millions de consommateurs ou UFC-Que Choisir.
  • Opter pour des huiles conditionnées dans des bouteilles en verre foncé, plus protectrices.

Une vigilance devenue indispensable

Cette enquête met en lumière un écart inquiétant entre l’image vertueuse que renvoie l’huile d’olive et la réalité industrielle. Il ne s’agit pas d’un cas isolé, mais d’un phénomène récurrent, y compris dans des produits affichant des labels rassurants.

Dans ce contexte, la transparence et le renforcement des contrôles doivent devenir des priorités. Car ce n’est pas à l’étiquette de faire le produit, mais bien à la qualité – et à la rigueur – de toute la chaîne de production. Une exigence légitime, surtout pour un produit qui s’invite si souvent dans nos assiettes au nom du bien manger.

Nils Franco est rédacteur web spécialisé dans l’univers du vin et de la cuisine œnologique. Grand passionné de terroirs, de cépages et d’accords mets-vins, il partage à travers ses articles une vision sensorielle et généreuse de la gastronomie. Son expertise couvre aussi bien la dégustation que l’art de cuisiner avec le vin, des sauces traditionnelles aux créations contemporaines infusées de tanins et de finesse aromatique.

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